Quand j’ouvre les yeux après mon accident du 22 août 1967

Mon esprit est confus. Les pensées se bousculent dans un étrange ballet où se mêlent douleur, questions, peur et angoisse.

Les mots refusent de sortir de ma gorge.

J’ai l’impression de perdre conscience.

Mon cœur s’emballe.

J’étouffe.

Dans un réflexe de survie, je prends une profonde inspiration… puis une deuxième… puis une troisième.

Peu à peu, le calme revient. Je sens les battements de mon cœur ralentir.

Lorsque je retrouve un peu de lucidité, j’essaie de comprendre ce que je viens de vivre.

Impossible.

Mes pensées vont et viennent comme un morceau de papier abandonné à la surface de l’eau, ballotté par les caprices du courant.

Je comprends alors qu’il me faut retrouver un point d’appui, retrouver un peu de concentration.

Malheureusement, la salle des soins intensifs dans laquelle je me trouve n’est pas le lieu idéal pour réfléchir.

À cet instant, j’ignore encore que les questions qui viennent de naître m’accompagneront pendant plus d’un demi-siècle. Elles seront le point de départ du plus long voyage de ma vie.

Ces écrits s’inscrivent dans une recherche plus large que je développe dans les pages de réflexions.
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