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L’expérience intérieure et la rencontre

Ce que je percevais alors ne ressemblait à rien de ce que j’avais connu jusque-là.

Le brouillard avait laissé place à un monde multicolore, très proche de l’arc-en-ciel que nous connaissons sur terre, mais avec une intensité bien plus forte.

Puis, peu à peu, cette sensation s’est transformée. Elle a laissé place à une présence que je pourrais qualifier de magnétique.

Cette présence ne m’était pas étrangère. Elle ressemblait profondément à celle que j’avais ressentie dans mon enfance.

Je me suis mis à parler :

« Daniel, c’est toi ? »

J’ai répété ma question. Mais il n’y eut aucune réponse. Le silence était total, comme autrefois lorsque je lui confiais mes pensées dans mon lit.

Dans un premier temps, ce silence m’a légèrement angoissé. Puis, progressivement, je me suis senti rassuré. La présence devenait de plus en plus forte.

J’ai alors regardé autour de moi.

Le paysage ressemblait à une ville. Il y avait des voitures, des personnes… comme dans la vie de tous les jours. Mais quelque chose était différent : les couleurs étaient plus intenses, plus vivantes. Et surtout, tout se déroulait dans un silence total.

Les personnes semblaient évoluer comme dans un film muet. Je pouvais les voir, mais elles ne me voyaient pas.

Cette situation m’a troublé. Je me suis senti seul. Instinctivement, je me suis tourné vers la présence.

C’est alors que j’ai perçu une forme lumineuse. En son centre, un visage jeune, souriant.

Si je devais le décrire avec des mots simples, il me ferait penser à ces masques du carnaval de Venise : lisse, sans ride, d’une grande beauté.

Cette forme s’est approchée de moi, comme si elle voulait entrer en moi, puis elle m’a entraîné.

Nous avons traversé les murs.

Je me suis retrouvé dans un espace sans forme particulière, comme une pièce vide. Puis, soudain, cet espace s’est rempli d’images.

C’étaient des scènes de ma vie. Des moments que j’avais déjà vécus, notamment pendant mon adolescence.

J’étais à la fois spectateur et acteur. Comme dans une pièce de théâtre.

Certaines scènes me dérangeaient par leur vérité. Je ne pouvais rien changer. J’étais simplement là, face à ce qui avait été.

C’est alors que la présence m’a parlé :

« Vois-tu, il est important de regarder en toi, de comprendre ce que tu es et ce que tu as fait, plutôt que de partir vers de nouvelles choses ou aventures. »

Puis, à nouveau, comme dans un fondu enchaîné, tout s’est transformé.

Je me suis retrouvé dans une pièce très éclairée, allongé sur un lit. Des personnes étaient autour de moi.

Et soudain, la douleur physique est revenue.

Revenir au début : L’enfance et la naissance d’une présence

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