L’enfance et la naissance d’une présence
Tout a commencé en 1959. J’avais environ 12 ans et j’habitais dans un village en Gironde.
Pendant longtemps, j’ai pensé avoir été plus jeune. Mais en retournant sur la tombe de Daniel, j’ai découvert qu’il était décédé en mai 1959.
Lors des fêtes du village, un jeune voisin, Daniel, fut tué dans un accident de la circulation. Je me souviens avoir voulu voir le mort. Ma mère m’a accompagné dans cette famille.
Il régnait une atmosphère pesante. Les pleurs étaient omniprésents. Cette ambiance m’a profondément marqué. J’ai eu une impression étrange : celle que le mort, allongé sur le lit, voyait à travers moi… comme si ce que je percevais, lui le percevait aussi.
Cette impression s’est ancrée en moi pendant longtemps. Cette journée a marqué le début d’une réflexion importante sur la mort.
Le soir, dans mon lit, avant de m’endormir, je confiais mes petites misères à Daniel. Il était devenu mon confident. Un confident silencieux, car il ne me répondait pas. Pourtant, cette situation m’apportait un grand réconfort.
Les soirs de pleine lune, lorsque ses rayons traversaient le vasistas de ma chambre, j’avais l’impression que Dieu allumait une veilleuse pour que je puisse voir.
J’ai grandi avec ce sentiment que Daniel pouvait continuer à vivre parmi nous.
Très souvent, lorsque j’étais triste ou malheureux, j’avais la sensation qu’une présence était à mes côtés. C’était comme un souffle léger qui m’enveloppait, une caresse douce, semblable à celle d’une mère, capable d’écouter et de pardonner.
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