Les mots qui naissent de l’expérience et du silence intérieur
Ces réflexions sont le fruit d’une longue écoute intérieure.
Elles ne cherchent pas à enseigner, mais à inviter à la contemplation.
Chaque texte est né d’une expérience vécue, d’un instant où la conscience s’est ouverte à quelque chose de plus vaste.
Ces mots parlent de la respiration, de la paix, du silence, de la présence à soi — de ce lien invisible entre la vie et ce qui l’anime.
Puissent ces partages accompagner chacun sur son propre chemin d’éveil et de compréhension.
Descartes, Bergson et l’intuition
En 1618, René Descartes, alors âgé de 21 ans, fait, au cours d’une nuit d’hiver, un rêve décisif.
Dans ce rêve, il entrevoit soudain l’ensemble de son futur système philosophique, en particulier ce qui deviendra le cogito. Réveillé en pleine nuit, bouleversé, il fait le serment de partir en pèlerinage à Notre-Dame de Lorette s’il parvient, au matin, à mettre par écrit ces intuitions fulgurantes. Ce qu’il fera.
De ce moment naîtra la célèbre formule :
« Je pense, donc je suis. »
Par cette phrase, Descartes établit une chose radicale : la première certitude n’est ni le monde, ni le corps, mais la pensée elle-même. Même si je doute de tout, je ne peux pas douter du fait que je pense. La conscience devient ainsi le fondement de l’être.
Plus tard, en 1641, dans ses Méditations métaphysiques, Descartes approfondira cette idée. Et en 1629, il quittera la France pour la Hollande, afin de pouvoir travailler librement, loin des pressions de la Sorbonne et des autorités.
Deux siècles plus tard, le philosophe Henri Bergson, professeur au Collège de France et prix Nobel de littérature en 1928, prolongera cette réflexion sous une autre forme.
Bergson distingue deux modes de connaissance :
– l’intelligence, adaptée au monde matériel,
– l’intuition, qui permet d’accéder directement à la vie intérieure, à la conscience et au mouvement de la pensée.
Pour lui, l’intelligence est efficace pour analyser et construire, mais elle est incapable de saisir ce qu’est réellement la vie ou l’esprit. Seule l’intuition peut en approcher la profondeur.
Je vois un lien direct entre le « je pense » de Descartes et l’intuition de Bergson : dans les deux cas, il s’agit d’une connaissance de l’esprit par lui-même, indépendante du monde matériel.
J’en arrive ainsi à une distinction simple :
– la science a pour domaine la matière et pour méthode l’intelligence.
– la métaphysique a pour domaine la pensée et pour méthode l’intuition.
Or notre société moderne ne reconnaît presque plus que la première. Tout ce qui relève de l’expérience intérieure est souvent disqualifié, comme si seule la mesure rendait le réel légitime.
Je ne peux parler qu’en mon nom, mais j’ai le sentiment que cette réduction appauvrit profondément notre vision de l’être humain. Une part essentielle de nous — la conscience vécue, la pensée intérieure — est tenue à l’écart.
Une société réellement ouverte devrait laisser place à cette dimension, non pour imposer une croyance, mais pour permettre une recherche plus complète de ce que nous sommes.
Car sans intuition, la pensée se dessèche.
Et sans vie intérieure, l’homme se réduit à un simple mécanisme.
Respirer, c’est revenir à soi — le souffle, ce lien entre le corps et la conscience
Il existe des moments où la vie nous enseigne sans mots. Un souffle, une présence, un instant de retour à soi…
C’est dans ce silence que j’ai compris la puissance de la respiration, ce lien invisible entre nos émotions, notre corps et notre conscience.
Le jour où le souffle m’a ramené à la vie
Lors de mon accident de travail, j’ai vécu une décorporation.Ma conscience s’était détachée de mon corps, comme si j’observais la scène depuis l’extérieur. Et puis, il y a eu cet instant où j’ai su qu’il me fallait revenir. Quand j’ai repris conscience, allongé sur le lit, j’ai pris une grande inspiration, puis une autre, plus profonde encore. Ma respiration s’est apaisée, et j’ai senti la vie réintégrer mon corps. C’est à cet instant précis que j’ai compris, dans ma propre chair, le rôle immense du souffle.
J’ai compris que respirer, ce n’est pas seulement faire entrer de l’air :
C’est accueillir la vie, c’est réunir le corps, l’esprit et les émotions dans un même mouvement. Le souffle comme maître intérieur
Depuis ce jour, la respiration est devenue pour moi un chemin d’apprentissage. Elle m’a accompagné dans chaque étape de ma reconstruction, dans mes moments de doute, de peur ou de joie. Elle m’a appris à écouter mes émotions sans les fuir, à laisser la vie circuler librement. Respirer, c’est revenir à soi. C’est sentir que, même quand tout semble s’effondrer, une force calme et silencieuse demeure en nous.
Le souffle, essence de la vie
La respiration est le premier geste à la naissance, et le dernier au moment du départ.
Entre ces deux souffles, il y a toute notre existence.
« La respiration est la passerelle silencieuse entre mes émotions et ma conscience — quand je respire en paix, tout mon être s’accorde. »
Pour moi, cette phrase n’est pas une métaphore. C’est une expérience vécue : la respiration, c’est la vie qui circule, la conscience qui s’incarne, et peut-être même le souvenir d’un lien invisible entre la terre et l’infini.
Il suffit parfois d’un souffle pour retrouver le chemin du vivant.
Jacques Menestrey
« Les échecs sont des maîtres, les réussites des récompenses. »
Quand l’aide dérape : comprendre la frontière entre soutien et dépendance
Il existe des relations où, sans qu’on le voie venir, le lien amical devient un terrain glissant. Pendant près de vingt ans, j’ai été quotidiennement sollicité par une personne rencontrée dans un cadre associatif. Au début, nos échanges étaient chaleureux : je l’écoutais, la conseillais, et j’avais sincèrement envie de l’aider.
Mais au fil des années, les appels sont devenus quotidiens, presque automatiques. Les sujets abordés dépassaient largement ce que l’on partage habituellement dans une relation équilibrée : études, vie professionnelle, difficultés sentimentales, problèmes financiers, confidences intimes… J’étais devenu la boîte de réception permanente de ses inquiétudes, de ses hésitations et de ses frustrations. Je pensais que ma patience et ma disponibilité suffiraient à apaiser ses tourments.
En réalité, je m’étais enfermé moi-même dans un rôle d’accompagnant à temps complet. Mes conseils, que je croyais amicaux, étaient attendus comme des solutions toutes faites. Je croyais aider, mais je participais à alimenter une dépendance insidieuse. J’ai négligé mes propres limites, persuadé que le soutien inconditionnel était la preuve ultime de la fidélité et de la fraternité.
Puis un jour, après ces années d’échanges quotidiens, tout s’est arrêté net. La personne m’a annoncé qu’elle me rappellerait, avant de couper brutalement le contact, sans aucune explication. Ce silence m’a déstabilisé, provoquant en moi une colère inattendue — dirigée moins contre elle que contre moi-même. Pourquoi avais-je laissé cette relation basculer ? Pourquoi n’avais-je pas su poser de limites ?
Avec le recul, j’ai compris qu’une aide déséquilibrée finit presque toujours par s’effondrer. L’altruisme, même sincère, peut devenir une prison si l’on ne garde pas de juste distance. Vouloir porter seul les difficultés de l’autre, c’est se condamner à l’épuisement. Et c’est, en réalité, un cadeau empoisonné pour celui qu’on prétend aider : on l’empêche de trouver ses propres ressources, de se confronter à ses responsabilités.
Cette expérience m’a appris que la véritable amitié repose sur un échange réciproque, respectueux des besoins et des limites de chacun. Aider, ce n’est pas s’oublier. C’est rester disponible sans se laisser absorber. Et c’est parfois avoir le courage de dire non, non pas par indifférence, mais pour préserver la qualité de la relation et sa propre sérénité.
Car on ne peut pas sauver quelqu’un malgré lui. Mais on peut toujours choisir de se respecter — et, ce faisant, de respecter aussi l’autre.
Trouver la paix intérieure : Quand nos paroles et nos actions s’accordent
En 2007, j’ai écrit une lettre à un ami pour partager ce que je croyais être la clé du bien-être : l’équilibre entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Aujourd’hui encore, ce message résonne. J’ai revisité ce texte pour qu’il puisse aider chacun à avancer vers plus de paix intérieure.
La vie ressemble à une pièce lancée en l’air. Une face représente nos paroles, l’autre nos actions. Pour trouver la paix, ces deux faces doivent être en harmonie : nos actes doivent refléter ce que nous disons.
Quand tu promets d’aider quelqu’un mais que tu repousses sans cesse le moment d’agir, tes paroles sonnent juste, mais tes actions manquent : cela crée frustration et tension. À l’inverse, si tu agis tout en laissant entendre, même sans le dire, que tu attends quelque chose en retour, tes actes manquent de sincérité et cela peut blesser.
L’équilibre entre paroles et actions est la base de la paix intérieure et de relations harmonieuses. Même si un ami proche peut comprendre un décalage temporaire, les autres risquent de s’éloigner ou de perdre confiance.
Cultiver la cohérence, c’est cultiver la confiance — en toi et avec les autres. Chaque jour, veille à aligner tes paroles et tes actes. Cet équilibre est la voie vers la paix, en toi et autour de toi.
Amitiés sincères,
Jacques
Interview avec Jacques – Parapsychologue et Médium Interview réalisée en 1993 par Jean-Philippe Malitte
Introduction
Jacques a exercé comme parapsychologue et médium pendant 28 ans, de 1981 jusqu’à sa retraite en 2009, à l’âge de 62 ans. Fort de cette longue expérience, il partage ici sa vision de la médiumnité, sa déontologie, ses expériences et sa philosophie de vie. Ce témoignage, réalisé en 1993, est proposé aujourd’hui comme une réflexion spirituelle sur un métier souvent méconnu et sur un parcours de vie hors du commun.
Qui êtes-vous et quel est votre rôle ?
Je suis un homme qui s’intéresse profondément aux autres. Mon art, je le mets à leur service : pour les alerter des dangers qu’ils pourraient rencontrer et les aider à franchir les étapes importantes de leur vie. Mon rôle, c’est d’aider chacun à prendre conscience de son environnement et à avancer plus sereinement.
Peut-on vraiment définir la médiumnité ?
La médiumnité est difficile à cerner : c’est une pratique interprétative personnelle, chacun a sa manière de la vivre. Être médium, c’est comme être musicien : tout le monde peut apprendre une technique, mais devenir un bon médium demande un « petit plus », une aptitude intuitive qu’on ne s’invente pas.
Médiumnité et libre arbitre
Je suis médium pour les autres, pas pour moi. Me percevoir moi-même impliquerait de perdre mon libre arbitre. Quand on est pris dans ses émotions et son histoire, on manque d’objectivité. En revanche, pour ceux qui viennent me consulter, je pouvais analyser leur situation sans être prisonnier de leur vécu.
Peut-on agir sur son destin ?
Oui, je suis convaincu qu’on peut agir sur sa destinée, en posant des actes conscients dans le présent. Vouloir comprendre son avenir n’est pas malsain : c’est ignorer les questions essentielles de la vie qui l’est.
Supports, perceptions et respect du consultant
En consultation, j’utilisais parfois une photo, mais à la radio, je me basais uniquement sur la voix ou la date de naissance : la médiumnité sans support est une perception intuitive très développée. J’avais mis en place un barrage : je ne percevais rien sans demande explicite. Révéler un événement sans consentement aurait été un manque de respect.
Déontologie et éthique
Il n’existe pas de code officiel commun à tous les médiums. L’Institut National des Arts Divinatoires a bien proposé une charte, mais le seul vrai code, c’est celui que l’on porte en soi : le respect de l’autre. Je pense qu’une réglementation officielle serait souhaitable, car elle protègerait à la fois le public et les professionnels, et permettrait de sanctionner ceux qui abusent.
Le danger de la séduction et la simplicité
Il ne faut pas chercher à séduire le consultant. La séduction peut devenir une forme de manipulation. Je préférais recevoir en jean et chemisette, pas dans une tenue impressionnante : l’important, c’est la sincérité.
La psychanalyse, un parcours formateur
J’ai suivi une psychanalyse personnelle pour garder les pieds sur terre. Cette expérience m’a appris qu’il faut être direct, mais avec diplomatie, car la personne qui consulte attend avant tout de la vérité.
Les médias et la médiumnité
Les médias sont des outils utiles, mais leur dérive voyeuriste peut être dangereuse : la télévision peut décupler l’influence d’un médium. Or, ce n’est pas parce qu’on passe à la télé qu’on est meilleur. À la radio, je consultais gratuitement pour aider ceux qui n’avaient pas la possibilité de venir me voir. Chaque appel était pris avec sérieux, comme une vraie consultation.
Le symbolisme de mon bureau
Dans mon bureau, chaque objet avait une valeur symbolique : une pyramide pour le berceau des civilisations, un collier indien pour le détachement matériel, un collier tibétain pour le travail sur le mental, une pendule arrêtée pour suspendre le temps pendant la consultation, un cristal pour rappeler l’unité originelle.
La médiumnité, une question de preuves ?
Convaincre quelqu’un de la réalité de la médiumnité est difficile. C’est comme quand vous pensez à quelque chose : vous le savez, mais vous ne pouvez pas le prouver. La médiumnité, c’est pareil : je percevais, je le disais, mais je ne pouvais pas le démontrer matériellement.
Ma vie personnelle et ma philosophie
Je suis marié, père de famille, j’ai des amis, une vie simple. Je pratique la marche, la méditation et j’essaie de rester un enfant qui s’émerveille. Je ne rejette rien, car je ne suis sûr de rien : je me considère comme un chercheur. Être médium attire la curiosité. Même ceux qui disaient ne pas y croire finissaient souvent par poser une question. J’ai appris à détourner la conversation pour éviter la curiosité malsaine, car la curiosité est une qualité quand elle aide à découvrir, mais elle devient un défaut quand elle se transforme en voyeurisme.
Mot de la fin
Je voudrais convaincre chacun de rester toujours éveillé face aux problèmes de la vie. Car si vous restez éveillé, vous ne regarderez pas les situations avec le regard des autres. Dans la vie, il faut toujours garder un esprit critique pour rester libre.
